Le déni… quand notre mental refuse ce que notre corps sait déjà.

Publié le 18 juillet 2026 à 18:57

« Lorsqu’une personne est au bord du burn-out, elle n’a plus le recul nécessaire pour analyser ce qu’elle est en train de vivre. Son mental est entièrement mobilisé par une seule chose : continuer… jusqu’à ce que son corps n’en puisse plus. »

« Je vais tenir encore un peu… »

Combien de fois ai-je entendu cette phrase ?

Et combien de fois me la suis-je répétée…

Le burn-out ne frappe pas du jour au lendemain. Il s’installe lentement, presque en silence. Pourtant, bien avant que le corps ne s’effondre, un autre mécanisme se met en place : le déni.

Non pas parce que nous sommes inconscients.

Non pas parce que nous refusons volontairement de voir la réalité.

Mais parce que reconnaître que nous allons mal, c’est reconnaître que nous avons atteint nos limites.

Lorsque nous arrivons au bord du burn-out, nous perdons progressivement la capacité de prendre du recul sur ce que nous sommes en train de vivre.

Notre mental est entièrement mobilisé à une seule chose : continuer, coûte que coûte.

Nous avançons jusqu’au bord du précipice sans en avoir conscience.

Le déni n’est pas un choix.

C’est un mécanisme de protection.

« Ce n’est qu’un passage… »

Nous trouvons toujours une explication.

« C’est une période chargée. »

« Après les vacances, ça ira mieux. »

« Il faut juste que je termine ce dossier. »

« Les autres comptent sur moi. »

« Je n’ai pas le choix. »

Chaque justification nous permet de continuer… encore un peu.

Et pendant ce temps, notre énergie continue de diminuer.

Nous nous adaptons… jusqu’à l’épuisement

Le plus étonnant, c’est notre incroyable capacité d’adaptation.

Nous nous habituons à dormir moins… et moins bien.

À vivre avec des douleurs.

À être constamment fatigués.

À perdre peu à peu nos envies.

Tout cela s’installe progressivement, de façon insidieuse.

Ce qui aurait dû nous alerter devient peu à peu notre nouvelle normalité.

Nous ne vivons plus vraiment.

Nous survivons.

Pourquoi est-il si difficile de voir la réalité ?

Parce que, inconsciemment, nous savons que si nous nous arrêtons, nous ne pourrons peut-être plus repartir.

Nous pensons aux dossiers qui vont s’accumuler, aux collègues qu’il faudra laisser, aux responsabilités qui nous attendent.

S’arrêter devient plus angoissant que continuer.

Alors nous continuons, car derrière cette impossibilité de nous arrêter se cachent de nombreuses peurs :

La peur de décevoir.

La peur de perdre notre travail.

La peur d’être jugés.

La peur d’être considérés comme faibles.

La peur de ne plus être utiles.

Plus nous avons l’impression d’avancer, plus nous faisons du surplace. Et pourtant, nous sommes persuadés de ne pas pouvoir nous arrêter.

Même lorsque plusieurs personnes nous alertent, nous ne sommes plus vraiment en capacité de les entendre.

Non pas parce que nous refusons leurs paroles, mais parce que notre mental est déjà entièrement mobilisé à une seule chose : tenir… encore et encore.

Le corps, lui, ne ment jamais.

Notre mental peut trouver mille excuses.

Notre entourage peut ne rien voir… ou, au contraire, voir ce que nous refusons encore d’accepter.

Mais notre corps, lui, finit toujours par parler.

Pendant longtemps, nous n’entendons pas les messages qu’il nous envoie. Notre mental est entièrement mobilisé à une seule chose : continuer, coûte que coûte.

Puis vient le moment où il n’est tout simplement plus possible de tenir.

Et un jour, le corps dit : « Stop ! »

Commence alors une longue descente.

Mon propre déni

Depuis des mois, je savais que j’allais droit dans le mur.

Ma seule incertitude était de savoir quand aurait lieu l’impact.

Et pourtant…

Même une fois à terre, le déni était encore là.

Je pensais :

« Je suis juste fatiguée. Si je dors, tout va aller mieux rapidement. Je vais me remettre sur pied. »

Certains de mes proches me répétaient que cet arrêt serait long.

Mais je ne les entendais pas.

Je répondais :

« Aux prochaines vacances, je reprendrai. »

On pourrait croire que le burn-out met fin au déni.

Pour moi, il n’en a rien été.

L’arrêt de mon corps n’a pas suffi à me faire accepter cette réalité.

Il aura fallu plusieurs semaines et les mots clairs, francs et directs d’un professionnel de santé pour que j’accepte enfin cette réalité : je faisais un burn-out.

Ce jour-là, j’ai simplement mis des mots sur ce que mon corps savait déjà depuis longtemps.

Extrait de mon livre Mon Burnout, ma descente au Paradis

« J’espère reprendre après les vacances de printemps. Ma sœur me dit : “Pas avant septembre.” Je suis persuadée qu’elle a tort et que je reviendrai très vite. »

Conclusion

Le burn-out ne commence pas le jour où l’on s’effondre.

Il commence bien avant, lorsque notre mental refuse d’entendre ce que notre corps sait déjà.

Et le déni ne disparaît pas forcément au moment où tout s’arrête.

Il faut parfois du temps, des mots, et le regard d’une personne extérieure pour accepter enfin ce que notre corps essayait de nous dire.

Et si le plus grand danger du burn-out n’était pas l’épuisement… mais notre incapacité à nous arrêter ?

Et vous ... Qu'en pensez vous ?

Merci de votre lecture  Nicole DUBOIS

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