Le burn-out ouvre un chemin de reconstruction. Un chemin composé d’étapes qui permettront à chacun de retrouver progressivement son énergie et un nouvel équilibre de vie.
Lorsqu’un burn-out est diagnostiqué, une question revient souvent :
«Combien de temps vais-je mettre pour guérir ? »
J’aimerais pouvoir répondre qu’il existe une méthode simple ou une durée précise. Malheureusement, ce n’est pas le cas.
Chaque burn-out est différent. Chaque personne possède son histoire, sa personnalité, ses ressources et ses blessures. Chacun se reconstruira donc à son rythme.
En revanche, certaines étapes me paraissent essentielles. Elles m’ont aidée à me reconstruire et je les retrouve très souvent chez les personnes qui parviennent, elles aussi, à retrouver progressivement une vie plus sereine.
Accepter de s’arrêter… vraiment
Pour beaucoup d’entre nous, s’arrêter est probablement l’étape la plus difficile.
Nous avons tellement appris à tenir, à être forts, à continuer malgré la fatigue, à répondre aux attentes des autres et à repousser sans cesse nos limites, que l’arrêt de travail peut être vécu comme un échec.
Pourtant, c’est tout le contraire.
Le burn-out est un signal d’alarme envoyé par le corps et le cerveau. Continuer coûte que coûte ne fait qu’aggraver l’épuisement et allonger le temps nécessaire à la reconstruction.
Un arrêt de travail suffisamment long est donc essentiel.
Non pas pour « ne rien faire », mais pour permettre à l’organisme de reconstituer progressivement ses réserves et de commencer à sortir d’un stress devenu chronique.
Le corps doit récupérer.
Le cerveau doit retrouver progressivement son fonctionnement normal.
Et, peu à peu, la personne pourra commencer à comprendre ce qui l’a conduite jusque-là.
Pour ma part, mon premier médecin ne m’accordait que des arrêts d’une semaine. Je continuais malgré tout à consulter mes mails professionnels, à répondre aux urgences sur mon téléphone et je gardais sans cesse un lien avec mon travail.
Je ne coupais jamais réellement.
Ce n’est que lorsque le diagnostic de burn-out sévère a été posé que les ressources humaines m’ont conseillé de ne plus consulter ma messagerie professionnelle.
Avec le recul, je mesure combien cette coupure a été importante dans le début de ma reconstruction.
On parle souvent d’épuisement professionnel.
Cette expression est juste, mais elle me paraît incomplète.
Le burn-out n’est pas une maladie dont on guérit comme on guérit d’une grippe.
C’est un véritable effondrement de tout notre être.
Le corps est épuisé. Le cerveau est saturé. Les émotions sont à fleur de peau. La mémoire, la concentration et parfois même l’envie de faire les choses les plus simples semblent avoir disparu.
C’est pourquoi je préfère parler de reconstruction plutôt que de guérison.
Il ne s’agit pas seulement de faire disparaître des symptômes. Il s’agit de reconstruire progressivement son corps, son esprit, son énergie, sa confiance et, parfois même, sa façon de vivre.
Reposer le corps… mais aussi le cerveau
Durant cette période, il est inutile de vouloir être performant ou de chercher à « rentabiliser » son arrêt de travail.
Votre organisme a besoin de récupérer.
Cela passe par le sommeil lorsque celui-ci revient progressivement, par le repos, mais aussi par des activités très simples qui ne sollicitent pas trop les capacités de concentration.
Écouter de la musique, regarder une courte vidéo, lire quelques pages lorsqu’on en est capable, bricoler un peu, jardiner quelques minutes…
Pour ma part, je coloriais des mandalas en écoutant de la musique. Je me suis également remise au tricot, avec des ouvrages très simples qui occupaient mes mains sans fatiguer mon esprit.
Ces activités peuvent paraître anodines.
Elles ne le sont pas.
Elles occupent l’esprit autrement et permettent de retrouver progressivement le plaisir de faire quelque chose.
Reprendre doucement une activité physique
Après un certain temps, différent pour chacun, le corps a besoin de se remettre doucement en mouvement.
Quelques minutes de marche suffisent parfois.
L’objectif n’est pas de retrouver rapidement sa condition physique d’avant le burn-out, mais simplement de reprendre contact avec son corps, sans chercher la performance.
S’aérer, marcher dans la nature, profiter du soleil pour refaire le plein de vitamine D sont autant de petits gestes qui participent à la reconstruction.
Le plus important est de respecter son rythme et de ne pas vouloir aller trop vite.
Prendre soin de son alimentation
Le stress chronique épuise considérablement les réserves de l’organisme.
Sans tomber dans les excès ni les régimes à la mode, une alimentation la plus naturelle et variée possible peut contribuer à retrouver progressivement de l’énergie.
Des fruits, des légumes, des aliments de qualité, une bonne hydratation…
À l’inverse, il est préférable de limiter autant que possible le sucre, l’alcool, les excitants comme le café ainsi que toute forme d’addiction qui risque de fatiguer encore davantage un organisme déjà fragilisé.
Les traitements et les aides complémentaires
Chaque situation est différente.
Certaines personnes auront besoin d’un traitement médicamenteux. D’autres non.
Cette décision appartient au médecin ou au psychiatre qui vous accompagne, en concertation avec vous. Il est également important de rester acteur de sa reconstruction.
Pour ma part, je pense qu’il est souhaitable, lorsque cela est possible et toujours en accord avec son médecin, que ces traitements soient utilisés à la dose nécessaire et pendant la durée la plus adaptée à la situation.
Ils peuvent être précieux, mais ils ne remplacent pas le travail de reconstruction.
J’ai également découvert que certaines approches complémentaires pouvaient apporter une aide appréciable.
L’hypnose m’a aidée à retrouver le sommeil. Mon mari, lors de son burn-out, a trouvé un réel soulagement de ses crises d’angoisse grâce à un traitement homéopathique.
J’aimerais également évoquer les cures thermales, encore trop méconnues. Pour ma part, j’ai effectué deux cures de trois semaines, sans traitement médicamenteux, avec des soins à base d’eaux thermales reconnues pour leurs bienfaits : bains, massages et autres soins adaptés. Le tout était encadré par une équipe médicale composée de médecins et de psychiatres. Les après-midi, des activités manuelles, de relaxation et de bien-être étaient également proposées. Ces séjours ont constitué une véritable parenthèse dans mon parcours de reconstruction.
Les cures thermales ne conviennent pas à toutes les situations, mais elles méritent d’être connues et discutées avec son médecin lorsqu’elles peuvent s’intégrer dans un parcours de reconstruction.
Sophrologie, acupuncture, méditation, relaxation, EMDR, EFT, massages, fleurs de Bach, bioénergie… chacun peut trouver les approches qui lui correspondent.
Certaines plantes ou certains compléments alimentaires peuvent également apporter un soutien. Demandez toujours conseil à un professionnel compétent afin qu’ils soient adaptés à votre situation et compatibles avec un éventuel traitement médical.
L’essentiel est de choisir des praticiens compétents et de confiance.
Se faire plaisir… sans culpabiliser
Lorsque l’on est en burn-out, on culpabilise souvent de ne plus être capable de faire ce que l’on faisait auparavant.
Pourtant, retrouver progressivement le plaisir est une étape importante de la reconstruction.
Prendre un café avec une amie, écouter sa musique préférée, lire quelques pages d’un livre ou d’une revue, faire un peu de jardinage ou toute autre activité qui procure de la joie sans épuiser est loin d’être du temps perdu.
C’est au contraire une manière de reprendre goût à la vie.
Je me souviens qu’après près de deux mois d’arrêt, je suis allée faire les soldes d’hiver. Je tenais à peine debout et mon mari était inquiet de me voir partir. Comme j’étais incapable de conduire, il m’a déposée et je lui ai promis de l’appeler au moindre problème.
Pourtant, cela faisait cinq ans que je n’avais pas pris le temps de faire les soldes.
Ce jour-là, malgré ma fatigue, j’ai pris plaisir à chercher et à acheter quelques nouveaux vêtements… pour mon travail.
Un travail que, finalement, je n’ai jamais repris.
Accepter que la reconstruction prenne du temps
Il est important de comprendre que l’on ne se reconstruit pas de façon linéaire.
Il y aura des jours où vous aurez l’impression d’aller beaucoup mieux.
Et d’autres où la fatigue reviendra sans raison apparente.
C’est ce que j’ai appelé « les montagnes russes ».
Cela ne signifie pas que vous régressez.
Chaque personne avance à son rythme. L’essentiel est de respecter ses limites et de ne pas vouloir brûler les étapes.
La reconstruction ressemble à l’ascension d’une montagne. Elle ne se fait pas d’un seul élan, mais pas à pas, palier après palier.
Reprendre le travail… autrement
La reprise du travail est souvent vécue avec beaucoup d’appréhension.
Certaines personnes pourront retrouver leur poste.
D’autres comprendront progressivement que revenir exactement dans les mêmes conditions risquerait de les conduire à un nouvel épuisement.
Il est parfois nécessaire, surtout durant les premiers mois, d’aménager son activité, de modifier son rythme de travail ou même d’envisager un changement professionnel.
Il ne s’agit pas d’un échec.
C’est parfois le choix le plus juste pour préserver durablement sa santé.
Se reconstruire après un burn-out demande du temps, de la patience et beaucoup de bienveillance envers soi-même.
Ce chemin est rarement facile, mais il peut aussi devenir l’occasion de mieux se connaître, de redéfinir ses priorités et de construire une vie plus respectueuse de ses besoins.
Extrait de Mon Burnout, Ma Descente au Paradis
« Après un mois de repos, je dors toujours aussi mal et peu mais heureusement le matin après le départ de mon mari, je me rendors et grappille ainsi quelques heures de sommeil. Cependant mon équilibre est fragile, j’ai beaucoup de vertiges, je suis faible, j’ai de gros coups de barre dans la journée mais tout doucement, je parviens à faire un peu de cuisine. Mais pour le ménage, je fais le minimum, passer l’aspirateur me demande trop d’énergie. Parfois, après simplement l’avoir sorti, je suis obligée de m’allonger.
J’ai du mal aussi à me concentrer. Par exemple, mémoriser une nouvelle recette de vinaigrette avec trois ingrédients et trois mesures différentes m’est impossible. Je regarde ma fiche tous les deux mots. C’est ainsi que je me rends compte que je ne mémorise plus, je perds et cherche mes mots.
J’ai le souvenir d’avoir voulu faire une compote avec mon blender. Au moment où je verse les pommes cuites tout ressort par le fond, j’ai oublié de mettre la pièce qui ferme l’appareil ! J’en pleure, il me faut nettoyer et recommencer, j’ai consommé le peu d’énergie que j’avais. (…)
« C’est décidé. Il reste quelques jours avant la fin des soldes, je vais aller faire les boutiques du centre-ville. Plus de 5 ans que je n'ai pas fait les soldes d'hiver ! Philippe est inquiet, je ne suis pas très solide sur mes jambes, j’ai beaucoup de vertiges. Il va me conduire dans le centre-ville, au moindre problème, je lui téléphone et il vient me chercher. »(…)
« J’y prends plaisir et réapprovisionne ma garde-robe pour mon retour au travail. Je ne sais pas encore que je ne porterai jamais ces vêtements au bureau et que j’aurai même du mal à les mettre. Ils ne sont plus adaptés à ma nouvelle vie.
Je me fais plaisir et j’achète même des bijoux. (…)
La journée est fatigante mais j’y prends plaisir. J’ai l’impression de revivre !
Conclusion
Se reconstruire après un burn-out est un chemin qui demande du temps, de la patience et de la bienveillance envers soi-même.
Il ne s’agit pas de redevenir exactement la personne que l’on était avant, mais d’apprendre progressivement à écouter son corps, ses besoins et ses limites.
Chaque étape franchie, même petite, participe à cette reconstruction. Les moments de doute et de fatigue font partie du chemin et ne signifient pas que l’on recule.
Le burn-out peut aussi devenir une période de transformation profonde, l’occasion de mieux se connaître et de construire une vie davantage en accord avec soi.
Et vous, quelles ont été les étapes importantes de votre reconstruction après un burn-out ?
Merci de votre lecture Nicole DUBOIS
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