Burn-out : et si ce n’était pas uniquement la faute du travail ?

Publié le 9 août 2026 à 16:57

Burn-out : et si ce n’était pas uniquement la faute du travail ?

Le burn-out est souvent associé à l’image d’un épuisement lié au monde professionnel. Pourtant, comprendre ce qui nous conduit à cet état demande parfois de regarder à l’intérieur de soi.

Lorsque l’on évoque un burn-out, une phrase revient presque toujours :

« C’est à cause du travail. »

Pour beaucoup, cela ne fait aucun doute : le travail est le premier coupable désigné lorsque l’on cherche à comprendre le burn-out.

Il est vrai qu’une surcharge de travail, un manque de reconnaissance, des objectifs irréalistes ou un environnement professionnel toxique peuvent conduire à un profond épuisement.

Mais est-ce vraiment toute l’histoire ?

Avec le recul, je me suis rendu compte que le travail n’était pas l’unique responsable. Il a souvent été le déclencheur… mais rarement la seule cause.

Pourquoi certaines personnes s’effondrent-elles alors que d’autres, confrontées à des conditions de travail similaires, semblent mieux résister ?

C’est la remarque faite par mon médecin lorsque j’ai voulu faire reconnaître mon burn-out comme maladie professionnelle. Sur le moment, j’étais très contrariée par son refus, mais cette remarque m’a malgré tout interpellée. Au fur et à mesure des semaines, cette question est revenue de façon récurrente.

Elle mérite que l’on s’y arrête.

Le burn-out est rarement le résultat d’un seul facteur. Il naît souvent de la rencontre entre un contexte difficile, notre personnalité, notre éducation, nos croyances et notre manière d’être.

Comprendre ces mécanismes ne revient pas à se culpabiliser. Bien au contraire. C’est une étape essentielle pour retrouver un équilibre durable et éviter de reproduire les mêmes schémas.

Le travail peut devenir le lieu où tout bascule.

Les responsabilités s’accumulent, les exigences augmentent, les journées s’allongent, l’ambiance se dégrade et la pression devient permanente.

Mais il est rarement le seul responsable.

Le burn-out est souvent comparable à un vase qui se remplit goutte après goutte pendant de nombreuses années. 

Les difficultés s’accumulent jusqu’à devenir cette dernière goutte qui fait déborder le vase, alors que celui-ci est déjà plein.

Pour comprendre un burn-out, il ne suffit donc pas de regarder cette dernière goutte. Il faut aussi comprendre ce qui a rempli progressivement le vase au fil des années.

Notre personnalité : une force qui peut devenir une fragilité

Les personnes qui font un burn-out sont rarement paresseuses ou désinvesties.

Bien au contraire.

Ce sont souvent des personnes consciencieuses, engagées, perfectionnistes, fiables, qui aiment rendre service et donner le meilleur d’elles-mêmes.

Ces qualités sont précieuses.

Mais souvent, ces qualités s’accompagnent d’une difficulté à dire non, d’un besoin permanent de bien faire ou d’une tendance à faire passer les besoins des autres avant les siens, et peuvent progressivement conduire à l’épuisement.

J’ai cru en occupant  ce poste a hautes responsabilités que je devais  donner l’exemple, être irréprochable, répondre aux différentes sollicitations dans l’immédiat, arriver la première et repartir la dernière …sauf que mon corps n’en avait plus l’énergie vitale.

Nos plus grandes qualités peuvent parfois devenir nos plus grandes fragilités.

L’éducation : les messages qui nous ont façonnés

Nous avons tous grandi avec des valeurs et des messages transmis par notre famille, notre école ou notre environnement.

« Sois courageux. »

« Fais plaisir. »

« On ne se plaint pas. »

« Penser à soi, c’est être égoïste. »

« Il faut travailler dur pour réussir. »

Ces phrases partent souvent d’une bonne intention.

Pourtant, lorsqu’elles deviennent des règles de vie que nous n’osons jamais remettre en question, elles peuvent progressivement nous conduire à nous oublier.

 Pendant plus de 50 ans j’ai fait passer les autres avant moi… Je me suis oubliée…

 Sans en avoir conscience, nous répondons aux attentes des autres avant d’écouter nos propres besoins.

Les croyances qui entretiennent l’épuisement

Au fil des années, certaines croyances deviennent de véritables moteurs de notre comportement.

« Je dois être parfait. »

« Je dois tout assumer. »

« Je ne peux pas demander de l’aide. »

« Je dois y arriver seul. »

« Pour être aimé, je dois faire plaisir aux autres. »

« Je n’ai pas le droit de me reposer… sinon je vais passer pour quelqu’un de paresseux. »

Le regard des autres peut devenir un élément qui nous amène à nous oublier. Nous cherchons parfois tellement à être reconnus, appréciés ou aimés que nous finissons par oublier de nous demander ce dont nous avons réellement besoin.

Ces croyances ou ces blessures nous poussent souvent à dépasser nos limites.

Le problème n’est pas de vouloir bien faire.

Le problème est de croire que notre valeur dépend uniquement de ce que nous faisons pour les autres.

Mais d’où viennent ces croyances ? 

Pourquoi avons-nous autant besoin d’être aimés, reconnus ou de vouloir toujours bien faire ? 

Derrière certaines d’entre elles se cachent parfois des blessures émotionnelles dont nous n’avons pas toujours conscience et qui influencent notre comportement et gênèrent des schémas répétitifs. 

Apprendre à mieux se connaître

Le triangle de Karpman, l’ennéagramme ou d’autres approches de connaissance de soi servent à nous ouvrir à une meilleure connaissance de nous-mêmes, sans nous enfermer dans une case.

Au contraire, ils peuvent nous aider à mettre des mots sur certains comportements que nous répétons parfois depuis des années, voire depuis notre enfance, sans même en avoir conscience.

Pourquoi ai-je tendance à vouloir sauver les autres ?

Pourquoi est-il si difficile pour moi de dire non ?

Pourquoi ai-je besoin d’être reconnu ou apprécié pour me sentir utile ?

Pourquoi ai-je du mal à accepter mes limites ?

Ces outils nous permettent de mieux comprendre nos réactions, nos automatismes et nos besoins.

Le triangle de Karpman peut nous aider à identifier certains rôles dans lesquels nous pouvons nous retrouver, comme celui du sauveur qui veut aider tout le monde au risque de s’épuiser, ou celui de la victime qui a tendance à penser que tout est la faute des autres et à se sentir impuissante face aux situations, ou de devenir notre propre bourreau.

L’ennéagramme, quant à lui, nous invite à mieux comprendre notre personnalité, notre mode de fonctionnement, nos motivations profondes, nos peurs et nos mécanismes de défense.

Ces approches ne donnent pas une définition figée de qui nous sommes. Elles nous offrent simplement un éclairage supplémentaire pour mieux nous observer, prendre du recul et faire des choix plus conscients.

Car apprendre à se connaître, à travers ces outils, c’est aussi apprendre à respecter ses besoins, ses limites et son propre rythme.

C’est également apprendre à mieux comprendre le fonctionnement des autres, leurs besoins, leurs réactions et leur personnalité. Cette meilleure compréhension nous invite à développer davantage de tolérance, de bienveillance et de non-jugement envers ceux qui ne fonctionnent pas comme nous.

Car nous ne pouvons pas changer les autres. La seule personne sur laquelle nous avons un véritable pouvoir de transformation, c’est nous-même, ainsi que le regard que nous portons sur nous, sur les autres et sur les situations que nous rencontrons.

Cette prise de conscience nous permet de construire des relations plus justes, plus apaisées et plus respectueuses, mais aussi de vivre les situations de la vie avec davantage de recul et de sérénité.

Extrait de  mon livre : « Le Livre Guérisseur »

Toute notre vie, nous cherchons à être aimés… mais sans jamais penser à nous aimer nous-mêmes.

Nous allons jusqu’à nous épuiser pour les autres, sans penser à nous en priorité.

Nous nous oublions.

Pourtant, la première personne qu’il est essentiel d’aimer, c’est soi.

Comment les autres pourraient-ils nous donner ce que nous ne nous donnons pas à nous-mêmes ?

Amour et respect sont les premiers cadeaux à s’offrir, à soi-même, chaque jour.

Très souvent, quand je demande à mes interlocuteurs en difficulté :

« Est-ce que vous vous aimez ? »

La réponse est presque toujours négative.

Alors je leur dis :

« Comment voulez-vous que les autres vous aiment ? »

Est-ce que vous vous donnez ce que vous voulez offrir aux autres ?

Remplissez votre vase !

Et seulement après, vous pourrez donner.

Comment étancher la soif de l’autre si votre propre vase est vide ?

Nous avons tous cette noble intention d’aider les autres – notre famille, nos amis, parfois même des inconnus – en donnant de notre temps, de notre énergie et de notre attention.

Mais si nous ne prenons pas soin de nous, si nous ne nous offrons pas de repos, de douceur et de joie… qui le fera à notre place ?

Pourrons-nous encore aider, si nous sommes à terre ? Non.

C’est pourquoi il est vital de faire le plein avant de donner.

Prenez soin de vous avant, pour pouvoir prendre soin des autres ensuite.

Tout cela n’a rien d’égoïste !

Notre éducation voudrait parfois nous le faire croire… mais ce sont de fausses croyances.

Aimez-vous en premier.

Prenez conscience de la belle personne que vous êtes : de vos qualités, de vos capacités, de vos forces comme de vos fragilités. »

Conclusion

Le burn-out nous oblige parfois à regarder au-delà du travail et à nous interroger sur ce qui, au fil des années, a rempli notre vase.

Comprendre notre histoire, notre personnalité, nos croyances, nos blessures et nos besoins n’est pas chercher un coupable. C’est apprendre à mieux nous connaître pour pouvoir faire autrement.

Et peut-être que la véritable prise de conscience commence là : comprendre que nous ne pouvons pas toujours changer ce qui nous entoure, mais que nous pouvons changer notre regard, nos choix et la place que nous nous accordons.

Et vous ? De quoi remplissez-vous votre vase aujourd’hui ?

Merci de votre lecture. Nicole DUBOIS

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