Burn-out : et si cette épreuve avait quelque chose à nous apprendre ?
Après un burn-out, certaines de nos certitudes et de nos croyances s’effondrent, et nos priorités peuvent changer.
Et si cette épreuve, aussi douloureuse soit-elle, pouvait aussi nous apprendre à nous écouter, à prendre soin de nous et à regarder notre vie autrement ?
Après avoir traversé un burn-out, on se pose souvent la même question :
« Pourquoi est-ce que cela m’est arrivé à moi ? »
Nous cherchons à comprendre. Le travail, la fatigue, les responsabilités, notre personnalité, notre perfectionnisme, notre besoin de faire plaisir… Nous essayons d’analyser comment nous avons pu en arriver là.
Mais une fois que nous avons commencé à comprendre notre fonctionnement, une autre question peut apparaître, plus difficile peut-être, mais aussi plus profonde :
« Maintenant que j’ai vécu cette épreuve, qu’est-ce que cela peut m’apprendre ? »
Car le burn-out ne laisse pas toujours les choses exactement comme elles étaient avant.
Il peut bouleverser nos certitudes, nos priorités, notre cellule familiale, nos relations avec nos proches et parfois même notre façon de regarder la vie.
Le burn-out bouleverse, bouscule, change nos perceptions et peut remettre profondément en question ce que nous pensions être important.
Il peut aussi modifier nos relations. Certains couples traversent cette épreuve et se renforcent. D’autres ne résistent pas. Certains proches, par incompréhension, peuvent prendre leurs distances, ne plus savoir comment réagir ou même fuir face à ce qu’ils ne comprennent pas.
Car le burn-out ne touche pas seulement celui ou celle qui le vit. Il peut aussi bouleverser tout un équilibre familial et affectif.
Et lorsque tout autour de nous semble avoir changé, une question finit parfois par émerger : Qu’est-ce qui compte vraiment pour moi ?
Quand nos priorités changent
Avant le burn-out, nous pouvons avoir l’impression que tout est urgent, important, et que nous sommes indispensables.
Il faut travailler.
Il faut être disponible.
Il faut répondre.
Il faut aider.
Il faut réussir.
Il faut tenir ses engagements.
Il faut…
Il faut…
Je dois…
Je dois…
Et puis un jour, le corps et l’esprit ne suivent plus.
Ce qui paraissait essentiel hier prend soudain une autre dimension… et nous nous apercevons que nous ne sommes pas irremplaçables.
Le monde continue de tourner sans nous.
Et cette prise de conscience, qui peut être difficile à accepter, peut aussi être libératrice.
On peut alors commencer à s’interroger : où ai-je vraiment envie de mettre mon énergie ?
Et parmi toutes les réponses qui peuvent surgir, il y en a une qui mérite peut-être de retrouver la toute première place :
Notre santé.
Notre santé est une richesse immense.
Peut-être même la plus grande que nous possédions.
Pourtant, comme beaucoup de choses précieuses, nous avons tendance à ne pas en mesurer toute la valeur lorsque nous la possédons.
Nous nous levons le matin, nous marchons, nous travaillons, nous conduisons, nous faisons nos courses, nous sortons, nous faisons des projets…
Tout cela nous paraît normal.
Jusqu’au jour où notre corps nous rappelle que rien de tout cela n’est acquis.
Quand le corps ne répond plus, quand la fatigue devient écrasante, quand les douleurs semblent s’installer partout et rendre les gestes les plus simples difficiles, quand dormir ne suffit plus à récupérer, quand réfléchir devient difficile ou impossible, quand les mots ne peuvent plus sortir, nous comprenons soudain quelque chose que nous avions peut-être oublié : Notre santé n’est pas un acquis. Elle est un trésor qu’il nous appartient de préserver.
Être en bonne santé est déjà une forme de richesse.
Et cette prise de conscience change souvent nos priorités.
Est-ce vraiment important de terminer cette tâche ce soir ?
Est-ce que tout doit être fait immédiatement ?
Est-ce que cette contrariété mérite de me faire perdre mon énergie ?
Quelle place ai-je donnée au travail ? À ma famille ? Aux autres ?
Et quelle place ai-je accordée à ma santé ?
Le burn-out peut nous obliger à faire un tri et à redéfinir nos priorités.
Pas forcément un grand bouleversement visible de l’extérieur.
Parfois, simplement un changement de regard.
Nous découvrons que certaines choses auxquelles nous consacrions énormément d’énergie n’étaient peut-être pas aussi importantes que nous le pensions.
Et inversement, nous redécouvrons la valeur de choses que nous avions laissées de côté : un moment tranquille, une promenade, la nature, une conversation, le rire, le temps passé avec ceux que nous aimons…
Nous prenons aussi conscience de l’importance de ce que nous apportons à notre corps.
L’alimentation est son carburant. Elle lui apporte l’énergie et les nutriments dont il a besoin pour fonctionner.
Lorsque nous commençons à considérer notre corps autrement, nous pouvons naturellement nous interroger sur ce que nous lui donnons chaque jour. Non pas pour entrer dans une logique de contraintes ou de perfection, mais simplement pour apprendre à mieux en prendre soin.
Après avoir épuisé notre corps, nous apprenons peu à peu à l’écouter, à respecter ses besoins et à mieux le nourrir.
Parce que prendre soin de soi, c’est aussi nourrir son corps avec attention.
Et parfois, c’est simplement retrouver le plaisir de prendre du temps pour soi, de ralentir et de revenir à l’essentiel
Apprendre à écouter
Peut-être est-ce aussi l’une des grandes leçons du burn-out : apprendre à écouter.
Écouter notre corps avant qu’il soit obligé de crier.
Écouter notre cœur lorsque quelque chose ne nous convient plus.
Écouter nos ressentis, même lorsque notre tête nous dit que nous devons continuer.
Nous avons parfois appris à faire taire ces petits signaux.
« Je suis simplement fatigué. »
« Ça va passer. »
« Je n’ai pas le temps de m’écouter. »
« Il faut bien que je continue. »
« Je n’ai pas envie. »
Pourtant, notre corps et nos ressentis peuvent nous apprendre beaucoup de choses.
Ils peuvent nous indiquer que nous avons besoin de repos, que nous allons trop vite, qu’une situation nous pèse ou qu’un choix ne nous correspond plus.
Apprendre à les écouter ne signifie pas obéir à chaque émotion ou abandonner toute raison.
C’est simplement accepter de leur donner leur juste place.
Et si le burn-out nous apprenait aussi à lâcher prise ?
Et si le burn-out était aussi un message de notre corps qui nous disait : « Stop à ce que tu me fais vivre ! »
Et si, après avoir essayé de nous alerter par des signaux, parfois sous forme de maux, que nous n’avons pas toujours entendus, notre corps finissait par nous imposer l’arrêt ?
Apprendre à lâcher ce que nous ne contrôlons pas.
C’est peut-être l’une des prises de conscience les plus difficiles… et les plus bénéfiques.
Nous aimerions tellement pouvoir tout anticiper, tout organiser, tout maîtriser.
Nous voulons que les choses se passent comme nous l’avions prévu.
Nous voulons protéger ceux que nous aimons, répondre aux attentes, ne décevoir personne.
Mais la vie ne fonctionne pas ainsi.
Il y aura toujours des événements que nous ne pourrons pas empêcher.
Des personnes que nous ne pourrons pas changer.
Des situations que nous ne pourrons pas contrôler.
Le burn-out peut nous apprendre, parfois brutalement, que tout ne dépend pas de nous et que tout ne peut pas se prévoir.
Lâcher prise ne signifie pourtant pas renoncer.
Cela signifie peut-être simplement apprendre à distinguer ce qui dépend de nous de ce qui ne dépend pas de nous.
Je peux agir sur mes choix.
Je peux décider de certaines de mes réactions.
Je peux poser certaines limites.
Mais je ne peux pas contrôler ce que les autres pensent de moi, leurs réactions, les événements imprévus ou tout ce que la vie placera sur mon chemin — ce que l’on appelle parfois le destin.
Et cette distinction peut être profondément libératrice.
Et si nous n’étions pas obligés de redevenir comme avant ?
Après un burn-out, on voudrait souvent retrouver « sa vie d’avant ».
Retrouver son énergie.
Retrouver son efficacité.
Retrouver la personne que l’on était.
Mais peut-être que la question n’est pas là.
Peut-être que cette épreuve nous invite plutôt à devenir une personne différente.
Pas meilleure.
Pas plus forte.
Simplement plus consciente de ce qui est essentiel pour elle, de qui elle est vraiment et de la vie qu’elle souhaite désormais vivre.
Nous avons parfois passé tellement de temps à répondre aux attentes des autres que nous avons oublié de nous demander : Qu’est-ce que je veux vraiment, moi ?
Donner un sens à ce que nous avons vécu
« Et moi, qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ? »
Cette question peut être déstabilisante.
Mais elle peut aussi ouvrir un nouveau chemin.
Je ne crois pas que le hasard existe.
Je crois que chaque expérience que nous traversons a une raison d’être, même si nous ne la comprenons pas toujours sur le moment.
Le burn-out n’est pas une punition.
Ce n’est pas quelque chose que nous aurions « mérité ».
Et personne ne devrait avoir à traverser une telle épreuve pour apprendre à vivre ou à apprécier ce que la vie offre.
Pourtant, une fois l’épreuve traversée, nous pouvons choisir de nous demander :
Qu’est-ce que cette expérience est venue m’apprendre ?
Peut-être sur moi.
Sur mes limites.
Sur mes choix.
Sur ce qui est vraiment important pour moi.
Sur la manière dont je souhaite désormais vivre.
Nous ne choisissons pas toujours ce qui nous arrive.
Mais nous pouvons parfois choisir ce que nous allons construire à partir de ce qui nous est arrivé.
Et c’est peut-être là que commence quelque chose de nouveau.
Une autre manière de regarder notre vie.
De faire des choix.
De donner de la valeur à notre temps.
De prendre soin de notre santé.
D’écouter notre corps, notre cœur et nos ressentis.
Et peut-être simplement de nous demander :
Quelle vie ai-je vraiment envie de vivre désormais ?
Est-ce que la vie que je mène aujourd’hui correspond vraiment à celle que j’ai envie de vivre, au plus profond de mon être ?
Je n’ai pas de réponse universelle à cette question.
Mais je crois qu’il peut être précieux de commencer à se la poser.
Le burn-out ne serait-il alors qu’une fin ?
Peut-être pas.
Peut-être est-il parfois aussi une transition, une période où l’ancien fonctionnement ne peut plus continuer et où quelque chose de nouveau cherche à émerger.
Cela ne signifie pas qu’il faut remercier le burn-out ou prétendre qu’il était nécessaire.
Certaines épreuves sont douloureuses. Certaines blessures restent longtemps.
Et pourtant, pour ma part, après avoir traversé ces épreuves, je peux aujourd’hui leur dire « Merci » pour les prises de conscience qu’elles m’ont permis de faire.
Je les appelle mes cadeaux.
Car notre histoire a été profondément marquée par le burn-out.
Philippe en a traversé un en 2013.
En 2015, ce fut mon tour.
Puis, en 2016, Philippe a de nouveau sombré et, cette fois, il m’a entraînée dans sa chute.
Trois burn-out vécus au sein de notre couple, les uns derrière les autres, en seulement trois ans.
Nous n’aurions évidemment jamais choisi de vivre cela.
Et pourtant, ces épreuves nous ont conduits à prendre un virage à 180 degrés dans notre manière de vivre, de penser et de regarder notre existence.
C’est peut-être aussi cela, la résilience : ne pas nier ce que nous avons vécu, ne pas prétendre que l’épreuve était nécessaire ou bénéfique, mais réussir peu à peu à reconstruire quelque chose à partir de ce qu’elle a bouleversé.
La résilience ne consiste pas à redevenir celui ou celle que nous étions avant.
Elle peut nous conduire à devenir quelqu’un de différent, avec une autre compréhension de nous-même et de la vie.
Ce n’est pas remercier la souffrance.
C’est remercier ce que nous avons réussi à construire à partir d’elle.
Et c’est peut-être là que se trouve une autre manière de regarder le burn-out.
Ne pas laisser cette expérience être uniquement une histoire d’épuisement.
En faire aussi, lorsque cela est possible, une histoire de transformation.
Revoir nos priorités.
Redonner à notre santé la place qu’elle mérite.
Apprendre à lâcher ce que nous ne pouvons pas contrôler.
Écouter notre corps, notre cœur et nos ressentis.
Et peut-être, petit à petit, regarder notre vie autrement.
Car parfois, ce que nous pensions être la fin d’un chemin devient le début d’un autre.
Et si cette épreuve, que vous auriez préféré ne jamais vivre, pouvait malgré tout vous conduire vers une vie plus proche de vous-même ?
Extrait du Livre Guérisseur
«Je viens de vous livrer les outils et enseignements que nous avons mis en place lors de ce virage à 180 degrés pris après avoir vécu ces trois
burn-outs.
Rien ne s’est fait en une journée, mais chaque prise de conscience nous a fait avancer et parfois à grands pas.
Je sais que je ne suis qu’au début de cette évolution spirituelle, mais j’ai le sentiment que chaque avancée allège ma vie et sa perception.
Ma vie n’a pas véritablement changé mais c’est la façon dont je perçois les évènements qui change ma vie. C’est comme si le fardeau était moins lourd, plus léger car je ne suis pas seule à le porter et, peut-être même, se vide-t-il de lui-même !
Aujourd’hui, nous avons appris à ne plus être dans le FAIRE mais dans l’ÊTRE.
Nous avons appris à mieux nous aimer pour aimer les autres, à nous respecter pour être respectés.
Nous avons appris à nous écouter, à dire NON quand nous le pensons, mais en y mettant les formes car ce n’est pas ce qui est dit qui est le plus important, mais la manière dont les mots sont prononcés.
Nous essayons au maximum d’être dans la joie et l’accueil de ce qui nous est donné dans l’instant présent, prendre plaisir à ce que nous accomplissons. Car être dans la joie, c’est être déjà dans l’Amour.
Nous écoutons nos ressentis, notre âme, pour être le plus possible en harmonie avec nous-même et favoriser ainsi notre alignement Corps-Âme-Esprit.
La route que nous avons empruntée avec Philippe a été difficile, semée de souffrances, bouleversée par de nouvelles prises de conscience, nos croyances ont été balayées et remplacées par de nouvelles.
Aujourd’hui nous rencontrons de magnifiques personnes, faisons encore des expériences, certaines très agréables d’autres un peu moins, mais nous essayons de garder cette harmonie. »
Conclusion
Le burn-out a-t-il quelque chose à nous apprendre ?
Je crois que oui.
Je pense que toute épreuve que nous traversons, qu’il s’agisse d’une maladie, d’un deuil, d’une séparation ou d’une autre épreuve de la vie, peut nous permettre de nous redécouvrir et de choisir d’en écouter les enseignements.
Cela ne signifie pas que l’épreuve est une bonne chose en elle-même, ni que nous devons la remercier pour la souffrance qu’elle nous a infligée.
Mais parfois, ce que nous découvrons à travers elle peut changer profondément notre regard sur nous-mêmes et sur notre vie.
Et parfois, ces enseignements deviennent des cadeaux.
Des cadeaux que nous n’avions évidemment pas demandés…
Mais qui peuvent, un jour, nous conduire vers une vie que nous n’aurions peut-être jamais osé choisir.
Et vous, qu’est-ce que votre épreuve vous a appris ?
Merci de votre lecture Nicole Dubois.
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