Et si lâcher prise, c’était accueillir ce qui est ?
Et si lâcher prise ne consistait pas à laisser tomber, mais à apprendre à accueillir ce qui est, à desserrer les rênes du mental et à faire davantage confiance à la vie ?
Nous avons tous déjà entendu cette expression :
« Il faut lâcher prise. »
On nous le conseille lorsque nous sommes inquiets, fatigués, épuisés ou déprimés, lorsque nous traversons une période difficile, lorsque nous cherchons à tout contrôler.
Mais que signifie réellement « lâcher prise » ?
Le terme lui-même peut donner une impression de rupture, de douleur, comme si nous devions abandonner quelque chose, renoncer, nous résigner.
Pourtant, je préfère une autre expression : accueillir ce qui est.
Dans Le Livre Guérisseur, j’écris :
« Le terme “lâcher-prise” donne parfois une impression de rupture, de douleur, comme si l’on devait abandonner quelque chose.
Alors que “accueillir ce qui est” évoque une ouverture, une confiance, une acceptation. »
Cette différence de mots n’est peut-être pas anodine.
Parce qu’accueillir ne signifie pas renoncer.
Cela signifie commencer par regarder la réalité telle qu’elle est, avant de chercher à la changer.
Mais sommes-nous réellement capables d’accueillir ce qui est, lorsque nous avons passé une grande partie de notre vie à lutter contre ce que nous ne pouvons pas changer ?
Lorsque nous luttons contre le courant
J’aime souvent comparer la vie au courant d’une rivière.
Une rivière avance.
Elle peut être calme ou tumultueuse. Elle peut rencontrer des obstacles, faire des détours, accélérer, ralentir.
Nous pouvons choisir de nous laisser porter par son courant, tout en utilisant nos forces pour nous diriger lorsque cela est nécessaire.
Mais nous pouvons aussi décider de remonter la rivière à contre-courant.
Nous avancerons peut-être.
Mais au prix de beaucoup plus d’efforts.
Nous nous épuiserons à lutter contre une force plus grande que nous.
Et parfois, dans la vie, nous faisons exactement cela.
Nous voulons que les choses soient différentes, parce que nous les avions imaginées autrement, parce que nous avions décidé de la façon dont elles devaient se dérouler.
Nous refusons ce qui est en train d’arriver.
Nous refusons parfois même ce que nous sommes en train de vivre.
Nous cherchons à comprendre.
Nous repensons au passé.
Nous anticipons sans cesse l’avenir.
Et pendant ce temps, nous oublions parfois le seul moment sur lequel nous pouvons réellement agir : le présent.
Car si notre avenir se construit quelque part, c’est bien dans ce que nous vivons et choisissons aujourd’hui.
Nous voulons tout contrôler, même ce qui nous échappe.
Et pendant que nous luttons contre ce qui est, nous dépensons une énergie considérable.
Le burn-out m’a fait prendre conscience de cette énergie que nous pouvons consacrer à lutter, à tenir, à contrôler, à anticiper, à programmer… jusqu’à nous épuiser.
À force de vouloir diriger chaque étape de notre vie, nous finissons parfois par ne plus savoir écouter ce qu’elle cherche à nous dire.
Un Extrait de Le Livre Guérisseur :
« Chaque message est un cadeau, que j’accueille avec gratitude.
Plus j’ai confiance, plus tout devient fluide.
C’est cette fameuse rivière de la vie dont je vous ai parlé dans la première partie.
Inutile de lutter à contre-courant : il faut se laisser porter, suivre le courant, faire confiance aux lois de l’Univers, car il œuvre avec nous, si nous lui laissons la place. »
Accueillir ne signifie pas subir
Se laisser porter par le courant ne signifie pas renoncer à agir.
« Accueillir ce qui est » ne signifie pas tout accepter.
Ce n’est pas devenir spectateur de sa propre vie.
Ce n’est pas abandonner ses choix ou ses responsabilités.
Il existe des choses sur lesquelles nous pouvons agir.
Et il en existe d’autres que nous ne pouvons pas contrôler :
Le passé.
Les réactions des autres.
Les événements qui surviennent sans que nous les ayons choisis.
Le temps qui passe.
Certaines pertes.
Certaines transformations.
Nous pouvons agir sur ce qui dépend de nous.
Nous pouvons choisir notre manière de réagir, poser une limite, changer de direction, prendre une décision, demander de l’aide, quitter ce qui nous fait souffrir.
Lâcher prise ne consiste donc pas à ne plus agir.
Il consiste peut-être à agir là où nous le pouvons, et à accepter ce qui ne dépend pas de nous.
Car lorsque nous cherchons à contrôler ce qui nous échappe, nous entrons souvent dans une lutte qui nous épuise.
Peut-être que le lâcher-prise commence justement ici : apprendre à reconnaître ce qui est entre nos mains… et ce qui ne l’est pas.
Lorsque le mental prend les rênes
Et puis il y a le mental.
Certaines approches parlent alors de l’ego.
Cette partie de nous qui réfléchit, analyse, anticipe, compare, cherche des solutions et tente de prévoir ce qui pourrait arriver.
Dans mes livres, je l’ai appelée « la cocotte-minute » !
Notre mental est précieux.
Il nous permet d’organiser notre vie, de prendre des décisions, de réfléchir et de nous protéger.
Mais le mental a aussi besoin d’être rassuré.
Il aime ce qu’il connaît.
Il aime avoir des repères, des habitudes, des certitudes.
Il n’aime pas beaucoup le changement, parce que le changement introduit de l’inconnu.
Alors, lorsque quelque chose nous échappe ou que notre vie prend une direction que nous n’avions pas prévue, il peut se mettre à chercher des réponses, à anticiper tous les scénarios possibles, à vouloir retrouver rapidement une forme de sécurité.
Et parfois, il prend toute la place.
Il veut comprendre avant de vivre.
Il veut prévoir avant d’avancer.
Il cherche constamment le « pourquoi », le « comment », le « et si… ».
Et plus nous cherchons à tout maîtriser, plus il peut devenir difficile de nous abandonner au mouvement de la vie.
Nous pouvons alors nous demander : Et si nous avions laissé notre mental tenir les rênes de notre vie pendant trop longtemps ?
Desserrer les rênes
Lâcher prise pourrait alors signifier desserrer les rênes.
Pas les abandonner complètement.
Pas rejeter notre mental.
Mais lui redonner sa juste place.
Et peut-être permettre à une autre partie de nous de reprendre les rênes.
Notre cœur.
Notre intuition.
Notre âme.
Chacun choisira le mot qui lui convient.
Le mental demande souvent :
« Comment vais-je faire ? »
« Que va-t-il se passer ? »
« Et si cela ne fonctionne pas ? »
Le cœur peut parfois poser une autre question : « Qu’est-ce qui est juste pour moi ? »
Cette question ne donne pas toujours une réponse immédiate.
Mais elle nous invite à écouter autrement.
À revenir à l’intérieur de nous.
À ressentir plutôt qu’à analyser sans cesse.
Et si nous apprenions à écouter notre cœur ?
Nous avons parfois tellement appris à réfléchir, à décider, à être raisonnables, à faire ce qu’il faut, à fonctionner en mode « automatique », que nous avons oublié d’écouter ce que nous ressentons profondément.
La plupart du temps, nous savons très bien ce que nous devons faire.
Mais savons-nous encore ce dont nous avons envie ?
Savons-nous ce qui nous fait du bien ?
Savons-nous reconnaître ce qui sonne juste pour nous ?
Le burn-out peut parfois nous obliger à nous poser ces questions.
Notre corps nous arrête.
Notre énergie diminue, ou parfois disparaît.
Ce qui fonctionnait auparavant ne fonctionne plus.
Et nous ne pouvons plus continuer à avancer uniquement avec notre volonté.
C’est peut-être alors le moment d’écouter différemment.
Une écoute plus intérieure.
Plus intuitive.
Plus proche de notre cœur.
Une écoute qui ne cherche pas forcément une réponse immédiate, mais qui nous invite à nous arrêter, à ressentir et à nous demander :
« Qu’est-ce que je ressens vraiment ? »
« De quoi ai-je besoin ? »
« Qu’est-ce qui est juste pour moi aujourd’hui ? »
Faire confiance à la vie
C’est ici que le lâcher-prise peut rejoindre la confiance.
La confiance en la vie et en ce qu’elle vient parfois nous dire, nous enseigner.
Cette expression peut sembler difficile lorsque nous traversons une épreuve.
Comment faire confiance lorsque nous ne comprenons pas ce qui nous arrive ?
Comment croire en la suite lorsque nous ne voyons pas encore le chemin ?
Faire confiance à la vie ne signifie pas penser que tout sera toujours facile et rapide.
Cela ne signifie pas non plus croire que tout ce qui nous arrive est forcément « pour notre bien ».
La vie comporte des épreuves.
Des pertes.
Des bouleversements.
Des événements que nous n’aurions jamais choisis.
Faire confiance pourrait simplement signifier accepter de ne pas tout savoir.
Ne pas connaître immédiatement la suite.
Accepter de ne pas avoir toutes les réponses.
Et pourtant continuer à avancer.
Pas forcément en ligne droite.
Peut-être lentement.
Avec des virages, des descentes, des pauses.
Parfois même avec l’impression de revenir en arrière.
Mais continuer malgré tout à avancer, à notre rythme.
Comme dans une rivière.
Nous ne savons pas toujours ce qui se trouve derrière le prochain méandre.
Nous ne savons pas où le courant nous conduira.
Mais nous pouvons avancer sans avoir besoin de connaître tout le parcours.
Un Extrait de Le Livre Guérisseur : :
« La confiance, c’est la fluidité.
Et pour l’atteindre, il est essentiel de pratiquer ce fameux lâcher-prise.
Mais personnellement, je préfère l’expression : “Accueillir ce qui est”. »
Et si la vie nous invitait parfois à changer de direction ?
Il arrive que nous nous accrochions tellement à une idée, à un projet, à une personne, à une façon de vivre, que nous ne voyons plus qu’une autre possibilité peut exister.
Nous voulons absolument atteindre la rive que nous avions choisie.
Alors que peut-être, un peu plus loin, une autre rive nous attend.
Le lâcher-prise ne consisterait alors pas à abandonner notre chemin.
Mais à accepter que le chemin puisse être différent de celui que nous avions imaginé.
C’est une nuance importante.
Parce que nous pouvons continuer à agir, à choisir, à avancer… tout en laissant une place à l’imprévu, au destin, chacun lui donnera le nom qu’il souhaite.
Nous pouvons avoir des projets sans vouloir absolument contrôler toutes les étapes de leur réalisation.
Nous pouvons avoir des rêves sans exiger que la vie les réalise exactement comme nous l’avions prévu.
Nous pouvons avancer dans une direction, sans avoir besoin de tout connaître du chemin.
Un Extrait de Le Livre Guérisseur : :
« Comme je l’ai expliqué dans mon premier livre, j’ai appris ce fameux “lâcher-prise” : je me laisse guider sur les eaux de la rivière de la vie.
Quand j’essaie de remonter à contre-courant, rien ne se fait, ou alors avec de grandes difficultés.
C’est pourquoi je regarde, j’écoute, et je prête attention aux signes qui me sont envoyés.
Malgré tout cela, je reste admirative et emplie de gratitude pour tous les cadeaux qui me sont donnés.
Je vois un puzzle se mettre en place, grandir au fil du temps. »
Accueillir ce qui est
Peut-être que le véritable lâcher-prise commence simplement lorsque nous cessons de vouloir donner une réponse à tout.
Lorsque nous acceptons de ne pas tout anticiper.
De ne pas comprendre immédiatement.
De ne pas chercher systématiquement une explication.
De laisser les choses se faire, simplement.
Parfois, il n’y a rien à décider dans l’instant.
Rien à résoudre.
Rien à contrôler.
Il y a simplement à être là, dans ce qui est, et à laisser émerger ce qui doit émerger.
C’est peut-être cela, finalement, que nous avons parfois oublié : nous n’avons pas besoin de tout maîtriser pour avancer.
Une porte vers une autre dimension
Et puis il existe peut-être quelque chose de plus grand que nous.
Je dis volontairement « peut-être », parce que chacun est libre de mettre ses propres mots et ses propres croyances sur cette expérience.
Certains parleront de spiritualité.
D’autres encore parleront d’énergie, d’univers, de la Source, d’âme, d’intuition, de bonne étoile ou simplement de confiance en la vie.
Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de donner une définition unique à cette dimension.
Peut-être suffit-il de reconnaître qu’il existe en nous quelque chose qui ne passe pas uniquement par le raisonnement, mais aussi par le cœur.
Quelque chose que nous ressentons parfois, sans pouvoir l’expliquer.
Une intuition.
Une évidence intérieure.
Une sensation profonde que nous sommes au bon endroit, ou au contraire que nous nous éloignons de nous-mêmes.
Peut-être que lorsque le mental accepte de desserrer les rênes, nous devenons davantage capables d’entendre cette voix.
Une voix intérieure.
Une voix qui ne crie pas.
Qui ne cherche pas à tout expliquer.
Mais qui peut simplement nous indiquer une direction.
Et peut-être que cette voix nous conduit peu à peu vers ce qui est réellement juste pour nous.
Conclusion
Et si, finalement, nous n’avions pas toujours besoin de savoir ni de contrôler où nous allons ?
Et si nous pouvions simplement avancer, écouter ce qui se passe en nous, accueillir ce qui se présente… et faire confiance ?
Peut-être que certaines réponses n’ont pas besoin d’être cherchées.
Peut-être qu’elles apparaissent lorsque nous cessons de les chercher.
Et si la vie savait parfois mieux que nous où elle voulait nous conduire ?
Merci de votre lecture Nicole DUBOIS
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