Résilience : se reconstruire à partir de la destruction

Publié le 15 septembre 2026 à 16:18

Résilience : se reconstruire à partir de la destruction

Et si être résilient ne signifiait pas simplement résister ?

Certaines épreuves nous obligent à tout remettre en question.

Et si elles nous permettaient aussi de découvrir une force que nous ne soupçonnions pas ?

 

Le mot « résilience » est devenu très présent dans notre société.

On parle de résilience après un burn-out, un deuil, une maladie, une séparation, un accident, une perte d’emploi, un traumatisme…

On entend parfois dire d’une personne qu’elle est « résiliente » parce qu’elle a réussi à traverser une épreuve.

Mais à force d’être utilisé, ce mot risque, lui aussi, de perdre un peu de son sens.

Comme pour le burn-out, il me semble important de revenir à ce qu’il signifie réellement.

Que signifie vraiment le mot « résilience » ?

Dans le domaine des matériaux, la résilience désigne leur capacité à résister à un choc.

Un matériau résilient est capable d’absorber un choc sans se rompre.

En psychologie, le terme désigne la capacité d’une personne à surmonter une épreuve traumatique et à poursuivre sa vie malgré ce qu’elle a vécu.

Deux notions apparaissent alors : le choc et la capacité à se reconstruire.

Mais cela soulève une question : Être résilient, est-ce simplement résister ?

Je ne le crois pas.

Résister à tout prix peut aussi nous briser.

Nous avons souvent appris à être forts.

À tenir.

À continuer malgré la fatigue.

À faire face.

À ne pas nous plaindre.

À encaisser encore un peu.

Et encore un peu.

Jusqu’au jour où nous ne pouvons plus encaisser.

Dans le burn-out, cette capacité à résister peut nous permettre de tenir longtemps. Mais elle peut aussi nous conduire à dépasser nos propres limites.

Et le burn-out n’est évidemment pas la seule épreuve qui puisse nous mettre face à nos limites.

Un deuil peut chambouler toute une vie.

Une séparation peut faire voler en éclats une union que nous pensions construite pour longtemps.

Une maladie peut modifier notre rapport au corps et à nos projets.

La perte d’un emploi peut ébranler notre sécurité ou même l’image que nous avions de nous-mêmes.

Une épreuve familiale peut remettre en question des relations que nous pensions immuables.

Et bien d'autres épreuves....

Face à tout cela, nous avons souvent le réflexe de vouloir tenir.

Mais tenir à tout prix est-il toujours la meilleure solution ?

Le chêne et le roseau

Cette question me fait penser à la fable de La Fontaine, Le Chêne et le Roseau.

Le chêne est grand, solide, puissant. Il pense pouvoir résister à la tempête.

Le roseau, lui, se plie sous le vent.

Il semble fragile.

Et pourtant, lorsque la tempête se déchaîne, le chêne finit par être déraciné tandis que le roseau, après avoir suivi le mouvement, peut se redresser lorsque le vent tombe.

Cette fable nous parle de force.

Mais peut-être aussi de souplesse.

Car parfois, vouloir rester debout à tout prix peut nous briser.

Alors que savoir plier peut nous permettre de traverser la tempête.

Faire le dos rond.

Accepter momentanément de ne pas maîtriser.

Laisser passer ce qui nous dépasse.

Ce n’est pas renoncer.

Ce n’est pas être faible.

C’est peut-être simplement comprendre que notre énergie peut être mieux utilisée à nous préserver plutôt qu’à lutter contre ce que nous ne pouvons pas contrôler.

La résilience pourrait alors commencer par cette capacité à ne pas se briser en voulant absolument rester fort.

Lorsque tout s’effondre

Mais certaines tempêtes sont si violentes que, malgré tout, elles finissent par emporter quelque chose de nous.

Parfois, c’est notre énergie.

Parfois, nos certitudes ou nos croyances.

Parfois, notre façon de travailler ou de vivre.

Parfois, une relation.

Parfois, une image de nous-mêmes à laquelle nous nous étions accrochés pendant des années.

Le burn-out peut provoquer cet effondrement.

Mais là encore, il n’est pas le seul.

Certaines épreuves nous obligent à regarder notre vie autrement parce que ce que nous avions construit ne peut plus continuer comme avant, même si nous le souhaitons…

Et lorsque tout s’effondre, notre premier réflexe est souvent de vouloir retrouver exactement ce que nous avions auparavant.

Réparer.

Recoller.

Reprendre.

Revenir en arrière.

Mais est-ce toujours possible ?

Et surtout…

Est-ce toujours souhaitable ?

Recoller les morceaux

Lorsqu’un objet se brise, nous cherchons naturellement à recoller les morceaux.

Nous essayons de lui redonner sa forme initiale.

Et parfois, cela fonctionne.

Mais même lorsque la réparation est réussie, l’objet peut rester fragile.

Une fissure peut avoir disparu à nos yeux, sans que la matière soit redevenue exactement comme avant.

Et lorsqu’un nouveau choc survient, la fragilité peut réapparaître.

Peut-être en est-il parfois de même pour nous.

Après une épreuve, nous pouvons vouloir retrouver notre ancienne vie, nos anciennes habitudes, notre ancienne manière de fonctionner.

Mais si cette façon de vivre nous a conduits à l’épuisement, pourquoi faudrait-il absolument reconstruire exactement la même chose ?

Peut-être que la résilience n’est pas toujours une histoire de réparation.

Peut-être est-elle parfois une histoire de reconstruction.

Faire table rase

Il arrive parfois qu’il faille faire table rase.

Table rase du passé.

De certaines habitudes.

De certaines croyances.

De certains rêves.

Cette expression peut sembler radicale.

Pourtant, faire table rase ne signifie pas effacer son passé.

Nous ne pouvons pas supprimer ce que nous avons vécu.

Nous ne pouvons pas faire disparaître les blessures, les souvenirs ou les conséquences d’une épreuve.

Mais nous pouvons parfois accepter que ce qui existait auparavant est terminé.

Accepter que certains rêves ne se réaliseront pas.

Accepter que la personne que nous étions ne soit plus tout à fait celle que nous sommes devenus.

Et alors, plutôt que de passer notre temps à essayer de reconstruire l’ancien édifice, nous pouvons commencer à réfléchir à ce que nous voulons construire maintenant.

De nouvelles fondations.

De nouvelles priorités.

Une autre façon de vivre.

Un autre rapport au travail.

Aux autres.

Au temps.

Et surtout, à nous-mêmes.

Faut-il parfois atteindre le chaos pour construire autrement ?

Parfois, je pense qu’il faut atteindre le chaos pour comprendre que quelque chose doit changer radicalement.

Je ne parle évidemment pas d’un chaos que nous rechercherions volontairement.

Parfois, nous n’avons pas le choix.

C’est une question de survie…

Personne ne souhaite vivre un burn-out.

Personne ne choisit un deuil, une maladie, une séparation ou une épreuve qui bouleverse son existence.

Mais la souffrance est-elle nécessaire pour grandir ?

Est-ce que l’on grandit dans le bonheur ?

Mais lorsque le chaos est là, lorsque tout ce que nous connaissions ne tient plus, il peut parfois devenir impossible de continuer comme avant, même si nous le souhaitons…

Et c’est peut-être dans cet espace de désordre que naît une possibilité nouvelle.

Pas immédiatement.

Pas facilement.

Progressivement, parfois brutalement…

La possibilité de construire autrement.

La résilience n’est pas une recette

On entend parfois parler de résilience comme s’il suffisait de développer certaines capacités pour devenir plus fort face aux épreuves.

Mais peut-on vraiment apprendre à être résilient comme on apprend une méthode ?

Je ne le pense pas.

Parce que nous… c’est nous.

Nous sommes uniques.

Nous ne vivons pas les mêmes histoires.

Nous n’avons pas les mêmes ressources.

Nous ne réagissons pas de la même manière face aux événements.

Après un deuil, certains auront besoin de parler.

D’autres auront besoin de silence.

Après une séparation, certains auront besoin d’être entourés.

D’autres auront besoin de solitude pour comprendre ce qui leur arrive.

Après un burn-out, une personne pourra avoir besoin de changer complètement son rapport au travail, tandis qu’une autre pourra rester dans le même environnement mais devra apprendre à poser de nouvelles limites, de nouveaux fonctionnements, de nouvelles règles…

Il n’existe donc pas un chemin unique.

Il existe un chemin propre à chacun.

Et surtout, cela prend du temps.

Nous aimerions parfois aller mieux rapidement.

Comprendre rapidement.

Tourner la page rapidement.

Reprendre notre vie rapidement.

Mais la reconstruction ne fonctionne pas ainsi.

Il faut du temps.

Du temps pour comprendre.

Du temps pour accepter ce qui a été et ce qui sera.

Du temps pour retrouver ses nouveaux repères.

Du temps pour s’adapter.

Du temps pour découvrir ce qui nous convient désormais.

Du temps pour essayer.

Pour se tromper.

Pour recommencer.

Pour avancer puis parfois reculer.

La résilience n’est pas une ligne droite.

Il peut y avoir des jours où nous nous sentons forts et d’autres où nous avons simplement besoin de nous poser.

Cela ne signifie pas que nous avons échoué.

Cela signifie simplement que nous sommes humains.

Il n’y a pas de bouton « reset ».

Il n’y a pas de recette magique.

Et il n’est pas nécessaire de devenir une version plus forte de soi-même pour avoir réussi sa reconstruction.

Et si la reconstruction commençait par soi, avec soi ?

Dans une épreuve, nous pensons souvent à ce qui nous entoure.

Aux personnes qui peuvent nous aider.

À celles qui sont présentes.

À celles qui ne le sont pas.

Mais il existe une relation dont on parle peut-être moins : la relation que nous entretenons avec nous-mêmes.

Lorsque tout s’effondre, nous pouvons nous retrouver face à une personne que nous ne reconnaissons plus.

Nous pouvons nous en vouloir.

Nous demander pourquoi nous n’avons pas vu les choses venir.

Pourquoi nous avons tant supporté.

Pourquoi nous n’avons pas su nous arrêter plus tôt.

Pourquoi nous avons fait certains choix.

Pourquoi ?

Pourquoi ?

Pourquoi… ?

Et parfois, nous devenons avec nous-mêmes beaucoup plus durs que nous ne le serions avec quelqu’un que nous aimons.

La résilience passe aussi par là.

Apprendre à ne plus être en guerre avec soi-même.

Accepter son rythme.

Reconnaître ses limites.

Écouter ses besoins.

Accepter ce qui est.

Se donner le droit de ne pas aller bien tous les jours.

Cesser de se comparer.

Et petit à petit, retrouver une confiance en soi.

Pas la confiance de croire que nous pouvons tout affronter.

Mais celle de savoir que nous pouvons nous écouter.

Que nous pouvons nous faire confiance.

Que nous pouvons apprendre à nous accompagner nous-mêmes.

C’est peut-être aussi cela, se reconstruire.

Pas seulement reconstruire sa vie autour de soi.

Mais reconstruire la relation avec soi.

Et si nous découvrions une force que nous ne connaissions pas ?

Et puis, il arrive parfois quelque chose d’étonnant.

Au cœur même de l’épreuve, alors que nous pensions ne plus avoir de ressources, une force en nous se remet en mouvement.

Une force que nous ne connaissions pas.

Une énergie qui nous pousse à avancer.

Une petite voix qui nous murmure de nous relever.

Nous ne savons pas toujours d’où elle vient.

Est-ce simplement notre instinct de vie ?

Une force intérieure que nous n’avions jamais eu besoin de découvrir ?

Ou peut-être y a-t-il autre chose ?

Une dimension plus subtile.

Plus invisible.

Une présence que chacun peut nommer comme il le souhaite.

L’âme.

L’intuition.

La spiritualité.

La foi.

L’énergie.

Ou simplement une force intérieure que nous ne cherchons pas forcément à expliquer.

Je ne crois pas que nous ayons besoin de donner le même nom à cette expérience.

Car chacun a son histoire, ses croyances et sa manière de comprendre ce qui lui arrive.

Mais je trouve cette question intéressante :

Et si nous n’étions jamais complètement seuls ?

Il y a les personnes qui nous entourent.

Celles qui nous tendent la main.

Celles qui nous accompagnent.

Mais peut-être existe-t-il aussi une présence invisible, que nous ne pouvons pas toujours expliquer, et qui nous accompagne dans cette vie.

Je ne prétends pas avoir la réponse.

Mais certains faits, certaines synchronicités, certaines rencontres ou certains événements qui surviennent sur notre chemin ne s’expliquent pas toujours.

Et peut-être que, dans les moments où nous pensions être arrivés au bout de nos forces, nous découvrons justement que nous possédions en nous — ou autour de nous — des ressources que nous ne soupçonnions pas.

Alors, qu’est-ce que la résilience ?

Peut-être n’est-elle pas la capacité à résister.

Peut-être n’est-elle pas non plus la capacité à rebondir rapidement après une épreuve.

Peut-être n’est-elle pas choisie de façon consciente.

Et certainement pas l’obligation de devenir plus fort parce que nous avons souffert.

Peut-être que la résilience est beaucoup plus humble.

C’est parfois savoir plier lorsque la tempête souffle trop fort.

C’est parfois accepter de ne plus pouvoir continuer comme avant.

C’est parfois laisser s’effondrer ce qui ne pouvait plus tenir.

C’est parfois faire table rase.

C’est parfois prendre le temps.

C’est parfois apprendre à être en paix avec soi.

Et puis, peu à peu, retrouver une force que nous pensions ne pas posséder.

Pour reconstruire.

Mais pas forcément la même maison.

Pas forcément la même vie.

Pas forcément la même personne.

Reconstruire autrement.

Car peut-être que la résilience ne consiste pas à revenir là où nous étions avant la tempête.

Elle consiste à trouver le courage de construire ailleurs, autrement, avec une nouvelle conscience de qui nous sommes.

Et parfois, ce qui semblait être la fin d’une histoire devient simplement… le début d’une autre.

Extrait de Mon Burnout Ma Descente au Paradis :

« Le jeudi 14, est une journée noire. Il ne prononce plus aucun mot, il est replié sur lui et sa souffrance. Je ne trouve plus les paroles de réconfort qui sortaient si facilement cet hiver, je suis vide. […]

Je ne sais plus quoi faire, Philippe souffre tellement, il me supplie de l’aider. « Trouve-moi un ostéopathe qui peut guérir mon cou ! » Il m’implore de lui trouver un thérapeute qui va le guérir. Je ne sais plus quoi faire, j’ai fait le tour de tous ceux que je connais, je n’ai pas de solution. Je suis impuissante devant sa souffrance, je ne peux rien faire, je ne peux que le prendre dans mes bras et lui dire « On va s’en sortir, on va y arriver. »

Il nous faut sortir de cette maison. Nous devions aller faire les courses en fin d’après-midi, on y va tout de suite. Je suis à peine dans la voiture que je reçois un message d’Ange qui me demande l’heure à laquelle nous allons dans son magasin. Je lui réponds : « Nous arrivons ! » 

Ce premier extrait nous ramène au cœur même du chaos.

À ce moment où nous ne savons plus quoi faire.

Où nous ne pouvons plus réparer.

Où nous ne pouvons que continuer à avancer, sans savoir encore où le chemin va nous conduire.

Et pourtant, quelques mois plus tard, quelque chose a changé. 

« Cela aurait pu être une descente aux Enfers … Nous l’avons cru.

Aujourd’hui 28 mai 2018, je commence mon livre « Mon burnout, ma descente au Paradis ».

Comment en moins de deux années avons-nous pu passer de l’Enfer au Paradis ?

En écrivant ce livre je prends conscience de tout ce chemin parcouru, de ce changement de Chemin de Vie et surtout de cet Eveil qui nous ouvre des portes dont nous ne soupçonnions pas l’existence. Merci ! Encore Merci !

A la fin de l’été, j’entends Philippe dire « Merci » à son burnout qui nous a permis de retrouver Notre Chemin, sans lui nous n’aurions pas pu, nous serions restés dans ce train de folie et nous n’aurions pas appris à dire « Non », ni à nous écouter. »

Conclusion 

Peut-être que la résilience commence là où nous pensions que tout s’arrêtait.

Dans cette force mystérieuse qui nous pousse à nous relever, à nous élever.

Et si, finalement, nous n’étions jamais complètement seuls sur ce chemin ?

Merci de votre lecture Nicole Dubois.

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